Le secteur non lucratif dans les services d’aide à domicile met la pression sur les conseils départementaux.

Les gestionnaires de services d’aide à domicile à but non lucratif en ont assez de se débattre dans les difficultés financières. C’est pourquoi l’Union nationale de l’aide, des soins et des services aux domiciles (UNA) a réalisé une nouvelle étude sur le coût de revient de ces prestations, qui devrait être rendue publique mercredi. Qu’il s’agisse d’assister une personne âgée ou handicapée, l’heure coûte en moyenne 24,06 euros au gestionnaire de services. Mais les tarifs versés par les conseils départementaux n’ont pas suivi : la moyenne est à 23,75 euros par heure. De plus, l’éventail de tarifs pour l’aide aux personnes âgés oscille entre 17 et 26 euros, selon le département.

« Nous voulons pousser un coup de gueule et rappeler que la matière première dans notre secteur, ce sont des êtres humains », expliquent Guillaume Quercy et Patrick Malphettes, qui demandent de 1 à 1,5 milliard d’euros de rallonge immédiate sur l’enveloppe actuelle de 5,5 milliards d’euros votée au Parlement. Ils président respectivement l’UNA et l’Adessadomicile, deux fédérations représentant 120.000 salariés, et 1 million de personnes accompagnées, c’est-à-dire la moitié du secteur non lucratif. Le salaire horaire moyen brut des agents à domicile ne s’élève qu’à 9,72 euros. Ce sont des métiers avec de fortes contraintes de temps et de la pénibilité. Mais aussi des emplois non délocalisables et de proximité.

Les départements ne jouent pas le jeu

La loi d’adaptation de la société au vieillissement votée en décembre 2015 avait pourtant prévu le déblocage de 750 millions d’euros de contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie au bénéfice de l’aide à domicile. « Les départements ont bien perçu ces sommes, mais comme ils ont des difficultés à financer l’aide aux personnes âgées, le RSA, etc., ils les ont gardées dans leur budget général au lieu de les distribuer », s’insurgent les deux présidents. Par ailleurs, certains départements snobent les associations et choisissent comme partenaires des « mandataires » à but lucratif. « On nous reproche d’avoir des salariés trop formés qui coûtent trop cher ! », s’indignent les deux présidents. Cerise sur le gâteau, certains départements envisagent de défalquer le nouveau crédit d’impôt accordé aux associations du montant des subventions qu’ils versent aux services à domicile…

Solveig Godeluck, Les Echos

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