Surveillance, divertissement, aide à domicile… les robots font leur apparition dans les foyers. Notre analyse sur ce marché en plein essor.

Des objets connectés aux robots

En 2016, 500 millions d’objets connectés devraient être vendus dans l’Hexagone, contre 150 millions il y a 3 ans. Même si l’évolution des usages et du marché reste floue et malgré les freins que représentent encore la sécurité des données et le prix des solutions connectées, celles-ci représentent une véritable opportunité pour le secteur des assurances, notamment dans les domaines de la santé (tests de glycémie sur smartphone, bracelets connectés…) et de l’automobile (boitiers connectés incitant à une conduite plus responsable…).

Mais qu’en est-il des robots, véritables concentrés des dernières technologies ? Quelle est leur place aujourd’hui dans le domaine de la santé, ou celui de la sécurité des habitations, face aux alarmes incendies, aux détecteurs de mouvement, aux caméras connectées, etc. ?

Quelle robotique dans nos foyers ?

Organisé à Paris du 24 au 26 mai, le salon Innorobo 2016 a de nouveau mis Pepper, l’humanoïde de SoftBank Robotics, sur le devant de la scène. Qui est Pepper ? Un robot bienveillant et attachant, capable de détecter les émotions des humains en fonction des expressions de leur visage et de l’intonation de leur voix. Pepper est commercialisé comme une plateforme à partir de laquelle les fonctionnalités du robot peuvent être orientées : expérience client ou aide à la personne notamment. Comme d’autres robots domestiques, on l’imagine en véritable compagnon du quotidien, capable d’effectuer les tâches ménagères, signaler une fuite, surveiller la maison, détecter les intrusions, rappeler aux personnes âgées les médicaments à prendre…

Alors, la « robolution » dans nos foyers, c’est pour bientôt ? La robotique de service personnel représenterait un marché de 2,2 milliards de dollars. Les robots qui réalisent des tâches domestiques (aspirateurs et tondeuses) et les robots éducatifs et de loisirs (comme les drones) forment à eux seuls la quasi-totalité du marché. Si certains, beaucoup plus évolués, font beaucoup parler d’eux, comme le Jibo du MIT ou le Buddy de Bluefrog Robotics, leurs fonctionnalités sont encore trop limitées pour incarner le fantasme de la machine humanoïde intelligente et autonome. Difficile de prédire aujourd’hui à quelle vitesse la technologie va se perfectionner et comment le marché du robot grand public va évoluer à moyen terme…

Des robots pour surveiller votre logement et vous alerter

De plus en plus accessible, la robotique a cependant tendance à pénétrer nos foyers et ses usages à se diversifier de manière pertinente, loin de l’image gadget parfois véhiculée. Ainsi, plutôt que multiplier le nombre de caméras connectées, pourquoi ne pas confier la surveillance de votre logement à une unique machine ? C’est ce que propose par exemple la start-up parisienne A.I.Mergence. Son robot E-4, petite pyramide de 30 cm de haut et 5 kg équipées de 3 roues, quadrille votre foyer à longueur de journée pour repérer la moindre anomalie : fenêtre ouverte, lumières allumées, mouvements pendant la nuit, détection de liquide, de fumée, etc. Un robot intelligent qui vous informe en temps réel, apprend de son environnement, s’y adapte et peut se révéler très dissuasif à l’égard d’intrus (sons stressants, flashs, etc.).

Quant à Buddy, c’est à la fois un assistant personnel disposant d’un accès à votre agenda et à internet, un compagnon d’études ou de jeux, une station multimédia et un assistant domotique, qui peut vous aider à piloter tous vos objets connectés et à contrôler votre maison. Il est également capable de patrouiller seul chez vous et, grâce à ses capteurs, de vous alerter en cas de début d’incendie, d’inondation, de cambriolage, etc.

Les robots peuvent donc répondre efficacement aux enjeux de confort, d’économies d’énergie et de sécurité, auxquels les particuliers sont sensibles. Mais ces technologies peuvent aussi venir directement en aide aux personnes qui en ont le plus besoin, et relever l’un des défis majeurs de notre société.

La robotique, avenir de l’aide à la personne ?

En 2015, la France comptait 15,5 millions de personnes âgées de 60 à 74 ans et 9,3 millions de plus de 75 ans. Parmi elles, 1,3 million souffraient de dépendance, incapables d’accomplir seules les actes de la vie quotidienne (se lever, se doucher, s’alimenter…).
De plus en plus autonomes et polyvalents, les robots représentent une solution des plus crédibles pour répondre aux problématiques posées par le vieillissement croissant de la population. Enrichies de fonctions d’aide physique ou de soutien moral toujours plus abouties, leurs capacités ne cessent d’évoluer. Twendy-One peut ainsi soulever une personne, Asimo comprendre le langage des signes, Mamoru rappeler la prise des médicaments ou retrouver un objet égaré, Buddy proposer des interactions sociales, détecter une chute ou tout acte anormal, puis réagir en alertant les proches. Autant de fonctionnalités qui offrent une assistance précieuse aux personnes les plus fragiles, et laissent présager d’un développement rapide de la robotique dans la voie de l’aide à domicile.

Portée par un enjeu sociétal crucial, la « silver économie » s’appuiera inévitablement sur la robotique pour apporter des solutions adaptées aux besoins des personnes âgées. Le challenge pour les assureurs ? Intégrer ces innovations à leurs produits (contrats de prévoyance, assurance-vie…) et options liées à la vieillesse, à la perte d’autonomie et à la maladie.

Source : https://www.generali.fr/actu/robot-aide-maison/