L’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médicosociaux (Anesm) publie les résultats de l’enquête « Bientraitance » 2015 dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). Cette étude récurrente repose sur les réponses à deux questionnaires d’autoévaluation – l’un pour le directeur de la structure, l’autre pour le président du conseil de la vie sociale – adressés à un échantillon de 4.200 Ehpad, dont 77% ont effectivement répondu.

Des personnels mieux formés et une prévention en hausse

La notion de bientraitance n’est pas simplement l’opposé de la maltraitance. Elle englobe une approche plus vaste, intégrant le bien-être de la personne âgée et la mise en œuvre de ses droits. Ainsi, les résultats de l’enquête montrent que 77% des Ehpad disposent d’unités permettant d’accueillir les personnes âgées à besoins spécifiques (Alzheimer).
Une très large majorité d’établissements met en œuvre les recommandations de l’Anesm et les objectifs des plans nationaux en la matière : 48% des personnels ont bénéficié d’une formation sur la maladie d’Alzheimer au cours des trois dernières années (41% sur la fin de vie, 29% sur la dépression et les troubles psychiques…), 99,5% des Ehpad mettent en place des actions de prévention des risques de dénutrition (97% sur les risques de chute, 91% sur les troubles psychiatriques de l’humeur…) et 97% d’entre eux évaluent les potentialités de leurs nouveaux résidents. De même, 62% des Ehpad disent suivre les recommandations de l’Anesm sur l’accueil et le projet d’accompagnement des personnes âgées, 60% celles sur l’organisation du cadre de vie quotidienne, 58% celles sur la vie sociale des résidents…
L’accompagnement de la fin de vie se développe rapidement, puisque 82% des Ehpad font appel à des équipes mobiles de soins palliatifs, 68% à des réseaux de soins palliatifs ou de santé pluridisciplinaires, 67% à l’hospitalisation à domicile (HAD)…
En matière de santé, 93% des résidents sont pesés une fois par mois (prévention de la dénutrition), 28% ont fait l’objet d’un recueil de leurs directives anticipées et seulement 2% ont acquis des escarres dans l’établissement.

Prise en compte des attentes : du mieux, mais toujours perfectible

Du côté des CVS, 89% des questions posées par ces instances ont obtenu une réponse, 84% des projets personnalisés sont élaborés avec le résident et/ou son entourage et 66% des résidents participent à une activité collective au moins une fois par semaine, mais 10% d’entre eux sont isolés (aucune visite au cours des six derniers mois). Les présidents de CVS sont par ailleurs très largement associés aux différentes démarches liées à l’évaluation de l’établissement.
Une large majorité des Ehpad recueillent le consentement à l’entrée dans l’établissement (72%), les attentes de la personne lors de l’évaluation initiale (84%) et celles de l’entourage (79%). Ce recueil du consentement et des attentes s’est nettement amélioré depuis 2010.
Cette meilleure prise en compte de la parole des usagers se traduit également par une fréquence de réunion du CVS d’environ trois par an. Il reste toutefois encore des marges de progrès. Plus d’un président de CVS sur deux estime ainsi que son établissement ne favorise pas toujours l’expression de la volonté des personnes.
Enfin, en termes de profils, l’étude de l’Anesm montre que 58% des présidents de CVS sont des résidents, tandis que 42% sont des représentants des familles.

Jean-Noël Escudié / PCA

Source : Localtis.info