La Fepem (Fédération des particuliers employeurs) publie la 17e édition de son « Baromètre des emplois de la famille », réalisé à partir des chiffres de l’Acoss (Agence centrale des organismes de sécurité sociale). Cette nouvelle édition est consacrée à un retour sur les dix dernières années, autrement dit depuis la mise en place, en 2004, de la Paje (prestation d’accueil du jeune enfant) et de sa composante la CMG (complément de libre choix du mode de garde).

235.000 assistantes maternelles de plus qu’en 2004, mais un recul depuis 2013

Sur l’évolution de l’offre d’accueil individuel de la petite enfance, le baromètre n’apporte pas vraiment d’informations nouvelles, mais constitue une utile synthèse. On y retrouve notamment l’évolution contrastée du nombre d’assistantes maternelles agréées : forte hausse entre 2004 et 2012, suivie d’un net ralentissement en 2013 (+0,3%) et d’un recul, jusqu’alors inédit, en 2014 (-0,9%).
Au final, le bilan reste toutefois très positif en termes de capacités d’accueil, puisque le nombre d’assistantes maternelles s’est accru de 235.000 en dix ans (soit +35% sur la période et une moyenne de +3,1% par an). En 2014, près de 898.000 parents emploient ainsi une assistante maternelle et ces dernières offrent désormais 32,9 places potentielles (sur la base de l’agrément) pour 100 enfants de moins de trois ans, soit 8,6 places de plus qu’au début de la période considérée. Cette offre globale est cependant toujours répartie de façon très inégale, avec une capacité théorique d’accueil des assistantes maternelles variant de 3 à 64 places selon les départements.
L’activité des assistantes maternelles (nombre d’heures réalisées) – telle que déclarée par leurs employeurs – a progressé encore plus vite que leur nombre : +51,1% entre 2004 et 2014. La croissance annuelle a été de 8% entre 2004 et 2007, avant de ralentir sous l’effet de la crise de 2008, puis de reculer depuis 2013 (-0,2% en 2013 et -1,6% en 2014). Les raisons de cette stagnation, puis de ce recul (conjoncture économique, mesures sociales et fiscales défavorables aux emplois à domicile) sont bien documentées (voir nos articles ci-contre).
A noter : le Baromètre de la Fepem se penche aussi sur les gardes d’enfant à domicile, qui connaissent une évolution similaire, mais avec un enjeu moindre, dans la mesure où ce mode d’accueil représente seulement 10% (89.300 parents employeurs) de la capacité des assistantes maternelles.

Une profession vieillissante et un renouvellement incertain

Le plus intéressant dans la dernière livraison de l’Observatoire réside toutefois dans le focus sur la situation des assistantes maternelles. En effet, malgré la nette augmentation du nombre de ces dernières, les entrées dans la profession n’ont pas suffi à remplacer les départs, du fait du vieillissement de la profession. En 2014, l’âge moyen des assistantes maternelles est ainsi de 47 ans, soit trois ans de plus qu’en 2000. De même, en 2014, 19,7% des sortantes sont des assistantes maternelles âgées de 60 ans ou plus, contre seulement 13,5% en 2009.
La Fepem précise ainsi que « sans connaître les motifs exacts, il semble que les départs à la retraite soient un facteur explicatif important de la progression du nombre d’assistantes maternelles qui sortent du dispositif déclaratif Pajemploi ».
Reprenant une étude de la Dares et de France Stratégie sur « Les métiers en 2022 » (voir notre article ci-contre du 29 avril 2015), l’étude de l’Observatoire s’interroge sur le risque d’une pénurie d’assistantes maternelles. En effet, sur la période 2012-2022, environ 126.000 assistantes maternelles devraient partir en retraite et 45.000 emplois supplémentaires devraient être créés pour répondre aux besoins d’accueil des jeunes enfants. Mais, estime la Fepem, « malgré ces perspectives favorables pour cette profession, les évolutions récentes nous alertent sur la difficulté de renouvellement qu’elle rencontre »…

Jean-Noël Escudié / PCA

Source : Localtis.info