La direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) des ministères sociaux publie les résultats d’une étude sur « Les principaux métiers des salariés bénéficiaires de minima sociaux ». Elle s’intéresse en l’occurrence aux 14% d’allocataires de minima sociaux exerçant une activité salariée. Parmi ces derniers, près de 6% sont en contrat à durée indéterminée (CDI) et 8% en contrat aidé. Le lien entre activité salariée et minima sociaux varie selon la nature de ces derniers : 12% d’emploi salarié parmi les bénéficiaires de l’allocation de solidarité spécifique (ASS), 13% parmi ceux du RSA socle, mais 18% parmi les titulaires de l’allocation aux adultes handicapés (AAH).

Deux tiers de salariés bénéficiaires d’un CDI

Les deux tiers des salariés titulaires de l’AAH exercent une activité à temps complet – principalement dans les établissements et services d’aide par le travail (Esat) -, contre seulement un tiers des bénéficiaires salariés du RSA socle et de l’ASS. Pour cette dernière comme pour le RSA socle,
le taux d’emploi salarié des femmes est plus élevé que celui des hommes (respectivement 16% contre 9%, et 14% contre 10%). C’est tout particulièrement le cas des femmes isolées (avec ou sans personne à charge) bénéficiaires du RSA socle non majoré, qui sont surreprésentées parmi les allocataires de ce minimum occupant un emploi : 17% d’entre elles ont un emploi contre 9% des hommes isolés. Le rapport est en revanche inverse pour les allocataires de l’AAH, avec respectivement 20% des hommes et 16% des femmes.
Globalement, les deux tiers des bénéficiaires salariés d’un minimum social sont titulaires d’un CDI, tandis qu’un quart sont en CDD (contre seulement 10% pour l’ensemble des salariés). De même, 6% des bénéficiaires d’un minimum social sont en contrat de travail temporaire (intérim), contre 2% en population générale, et plus de 10% travaillent dans le cadre d’un contrat aidé.

Une surreprésentation des particuliers employeurs et des associations

Par ailleurs, les salariés bénéficiaires d’un minimum social ne sont qu’une minorité à travailler à temps complet et travaillent donc en majorité à temps partiel (hors titulaires de l’AAH). Seuls un tiers des allocataires du RSA socle ou de l’ASS travaillent ainsi à temps complet.
En revanche, la salaire perçu par un bénéficiaire d’un minimum social varie peu selon les minima, sauf pour les allocataires de l’AAH travaillant en Esat. Le salaire horaire net médian est ainsi d’environ 8,3 euros pour les bénéficiaires de l’ASS et du RSA socle, soit un niveau légèrement supérieur au montant du Smic horaire (7,4 euros net en 2013). La moitié d’entre eux perçoivent un salaire horaire net compris entre 7,6 et 9,6 euros, tandis qu’un quart dispose d’un salaire horaire net inferieur à 7,6 euros. Le niveau médian du salaire horaire des bénéficiaires d’un minimum social est donc sensiblement inférieur à celui de l’ensemble de la population salariée (11,2 euros), ce qui n’est pas vraiment étonnant s’agissant de minima sociaux.
Enfin, les bénéficiaires d’un minimum social sont davantage employés par des particuliers ou par des associations que le reste des salariés. Ainsi, seuls 14% des bénéficiaires salariés de minima sociaux sont employés dans la fonction publique (dont 8% dans la fonction publique territoriale), contre 25% pour l’ensemble des salariés. A l’inverse, 11% – dont des assistantes maternelles – sont salariés par des particuliers employeurs, contre 4% pour l’ensemble des salariés.
La proportion de bénéficiaires salariés de minima sociaux dans le secteur privé est à peu près identique à celle de l’ensemble de la population : 75% des premiers sont employés dans le secteur privé, contre 72% pour l’ensemble des salariés. En revanche, leur répartition est très différente : 38% sont salariés de sociétés commerciales (contre 57% pour l’ensemble des salariés) et 32% d’associations loi de 1901 ou assimilées (contre 8%).

Un tiers de salariés dans les services directs aux particuliers

En termes sectoriels, le secteur non marchand emploie un tiers des bénéficiaires du RSA socle et de l’ASS, la moitié d’entre eux exerçant dans le domaine de la santé et de l’action sociale, et plus spécialement dans celui de l’aide à domicile, qui emploie 10% de bénéficiaires du RSA socle et 8% d’allocataires de l’ASS.
Au total – en intégrant le secteur marchand -, environ 30% des salariés bénéficiaires de l’ASS et du RSA socle sont des personnels des services directs aux particuliers. Le profil est différent pour les bénéficiaires de l’AAH, chez lesquels 59% des salariés sont des ouvriers non qualifiés, et même 83% pour ceux travaillant en Esat. 

Pour aller plus loin

Source : Localtis.info