L’Observatoire national de l’économie sociale et solidaire – émanation du Conseil national des chambres régionales de l’économie sociale et solidaire (CNCRESS) – publie une étude sur les départs à la retraite et les opportunités d’emploi dans l’ESS. Cette enquête met en évidence l’impact de ces mouvements sur le secteur social et, tout particulièrement, sur l’aide à domicile, confrontés à une vague de départs en retraite.

L’aide à domicile est le secteur le plus impacté par les départs en retraite

Ce phénomène s’inscrit dans la tendance démographique générale marquée par l’arrivée à l’âge de la retraite de la génération des « baby boomers » mais, compte tenu de la structure d’emploi, il est particulièrement accentué dans l’ESS (2,37 millions de salariés et 10,5% de l’emploi total) et, plus encore, dans le domaine social.
Globalement, la part des salariés de plus de 50 ans est de 30,1% dans l’ESS, contre 24,4% dans l’ensemble du secteur privé hors ESS et 31,4% dans le secteur public. Ce taux représente 714.000 salariés qui vont partir à la retraite d’ici à 2025.
Au sein de l’ESS, le secteur de l’action sociale voit ces tendances encore accentuées. Le potentiel de départ en retraite est en effet de 41.129 salariés dès 2017 et de 287.000 salariés à l’horizon 2025. Ces chiffres représentent plus de la moitié des départs en retraite de l’ensemble du secteur de l’ESS.
Au sein de l’action sociale, le secteur de l’aide à domicile est le plus impacté par les départs en retraite, en volume comme en pourcentage : près de 40% de ses salariés ont aujourd’hui plus de 50 ans. Viennent ensuite l’accueil d’enfants handicapés (34,6% de plus de 50 ans), puis l’hébergement social et médicosocial (30,5%). L’accueil d’enfants et d’adolescents, celui d’adultes handicapés ou de personnes âgées, ainsi que l’accueil de jeunes enfants, sont en revanche moins touchés par les départs en retraite.
Autre enseignement de l’étude : la part des salariés de plus de 50 ans atteint près de 45% parmi les cadres de l’action socio-éducative, ce qui laisse à la fois augurer d’un fort besoin de renouvellement, mais aussi de possibilités d’évolution pour les autres salariés.

Des risques et des opportunités

Face à ces perspectives, l’observatoire a interrogé les entreprises de l’ESS. Il en ressort notamment trois opportunités. La vague de départs en retraite devrait ainsi favoriser la modernisation des process et procédures, permettre une réorganisation interne des équipes et ouvrir la possibilité de renouveler les savoirs et savoir-faire. En revanche, les entreprises du secteur mettent en avant deux risques majeurs : les difficultés de recrutement, « liées pour certains postes aux conditions de travail peu attractives » (ce qui correspond au cas de l’aide à domicile), et le risque de pertes de savoir-faire et de compétences.
Selon l’étude, trois enjeux principaux sont à prendre en compte pour éviter ou limiter ces différents risques. Le premier concerne l’attractivité de l’emploi, avec la nécessité d’améliorer les conditions d’emploi (salaires, temps de travail, nature des contrats, perspectives d’évolution de carrière…). Selon l’observatoire, ceci vaut tout particulièrement pour les secteurs de l’action sociale et de la santé. Le second enjeu concerne la formation. Il s’agit en l’occurrence de faire monter les salariés en compétences afin de remplacer les départs en retraite. Enfin, le troisième enjeu porte sur la communication. L’étude de l’observatoire préconise en effet de mieux informer sur les postes libérés par les départs en retraite et de « rendre les opportunités d’emploi de l’ESS plus visibles pour tous les publics ».

Jean-Noël Escudié / PCA

Source : http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&jid=1250271883008&cid=1250271853820&nl=1