La reprise progressive de l’emploi en France bénéficie aussi au secteur de la petite enfance. C’est en tout cas ce que démontre la publication, par la Fédération des particuliers employeurs de France (Fepem), de son « Baromètre des emplois de la famille » pour le deuxième trimestre 2016. S’appuyant sur les chiffres provisoires de l’Acoss – la caisse nationale du réseau des Urssaf -, l’étude montre en effet une légère reprise de l’emploi des assistantes maternelles. Celle-ci intervient après plusieurs trimestres de stagnation ou de baisse (voir nos articles ci-contre des 21 avril et 29 septembre 2015), récemment confirmés par le rapport de l’Observatoire de la petite enfance de la Cnaf portant sur les chiffres de l’année 2015 (voir notre article ci-contre du 8 décembre 2016).

Un nombre d’heures en hausse de 0,6%

Malgré le léger recul du nombre de naissances, les heures d’emploi d’assistantes maternelles déclarées sur le second trimestre 2016 progressent ainsi de 0,6%, après une hausse de 0,4% au premier trimestre. Toutefois, compte tenu de la baisse observée durant le semestre précédent (avec notamment -0,7% au dernier trimestre 2015), l’étude relève une quasi-stagnation (+0,1%) du nombre d’heures d’emploi d’assistantes maternelles sur une année. Toutes les régions enregistrent une croissance au second semestre 2016, allant de 0,2% en Bourgogne-Franche-Comté à 1,2% en Corse. Sur un an, seules trois régions connaissent cependant une progression du nombre d’heures d’assistantes maternelles : Paca (+0,4%), l’Ile-de-France (+0,7%) et la Corse (+2,3%).
Le redressement est plus rapide sur l’activité de garde d’enfants à domicile, qui pèse toutefois sensiblement moins que l’emploi des assistantes maternelles. La progression du nombre d’heures déclarées est en effet de 1,9% sur le deuxième trimestre, après +0,9% au trimestre précédent. Sur un an, la progression du nombre d’heures déclarées est de 2,6%. A noter : l’Ile-de-France représente, à elle seule, 63% du volume horaire déclaré au niveau national pour cette activité.

Les effets de la réforme de l’APA se font attendre

Si l’emploi lié à la garde d’enfants connaît ainsi une certaine embellie, l’emploi à domicile hors garde d’enfants continue en revanche de faire grise mine. Au second trimestre 2016, le nombre d’heures déclarées à ce titre recule en effet de 1,1%. La baisse est particulièrement prononcée en Ile-de-France (-2,4%), qui concentre près d’un quart des heures déclarées.
Cette diminution significative de l’activité éteint la lueur d’espoir apparue au premier trimestre (+0,3%), qui intervenait toutefois après quinze trimestres consécutifs de baisse. Pour la Fepem, « ce nouveau recul coïncide avec une mauvaise conjoncture économique : au deuxième trimestre 2016, la consommation des ménages a diminué de 0,1%, après une hausse de 1,3% au premier trimestre ».
Dans ce contexte morose de l’emploi à domicile hors garde d’enfants, l’étude pointe toutefois un signal positif. En France métropolitaine, le nombre d’heures déclarées par les employeurs dits « fragiles », bénéficiant d’une exonération totale des cotisations de sécurité sociale, progresse en effet de 0,6% au second trimestre. Cette hausse à contre-courant s’explique par la croissance sensible (+1,8%) du nombre d’heures déclarées par les bénéficiaires de l’exonération « 70 ans et plus ».
En revanche, la tendance reste orientée à la baisse pour les heures réalisées pour des bénéficiaires de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) et pour celles au profit de bénéficiaires d’autres exonérations liées à un handicap ou une invalidité (-0,8%). Il apparaît ainsi que la réforme de l’APA – issue de la loi Vieillissement du 28 décembre 2015 et mise en œuvre par un décret du 28 février 2016 – n’avait pas encore produit ses effets attendus au second trimestre de cette année.

Jean-Noël Escudié/PCA

Source : Localtis.info