Les chiffres de l’emploi à domicile continuent leur régression en 2015. Les récents gestes accordés par le gouvernement aux particuliers employeurs pourraient néanmoins changer la donne.

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Les particuliers employeurs seraient-ils en voie de disparition? Selon les chiffres de l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale (Acoss), ils étaient 2.804.000 fin 2015 à employer des personnes à domicile ou à avoir recours à des assistantes maternelles contre 2.836.000 en 2014. Une baisse de 1,1% qui conforte la tendance négative observable depuis 2012. Contactée par Le Figaro, Marie Béatrice Levaux, présidente de la Fédération des particuliers employeurs de France (Fepem) relativise ce constat: «On est toujours en baisse mais cette baisse est moindre par rapport aux années précédentes, la catastrophe se régule.»

Et pourtant, les salaires nets des employés accusent eux aussi une diminution à hauteur de 0,4% pour atteindre 2,16 milliards d’euros. Pis, si l’on se concentre uniquement sur l’emploi à domicile en écartant les assistantes maternelles du champ d’analyse, le constat s’aggrave. Et pour cause, les salaires nets en 2015 enregistrent une baisse de 1,3% par rapport à 2014 tandis que le nombre de particuliers employeurs se réduit de 1,2% à 1.932.000.

Plusieurs éléments peuvent expliquer ce repli. Tout d’abord, la conjoncture économique actuelle n’est pas forcément propice à l’embauche pour les particuliers employeurs. Ces derniers peuvent nourrir une certaine défiance et chercher à se débrouiller par leurs propres moyens. Ensuite, deux mesures respectivement adoptées en 2011 et 2013 avaient précipité la chute de l’emploi à domicile. Quand l’une supprimait l’abattement de 15 points de cotisations patronales, l’autre mettait fin au régime de la déclaration au forfait. «Cela correspondait à une augmentation du coût de l’emploi de 12% en moyenne, c’était extrêmement grave», lâche Marie-Béatrice Levaux. Pas de quoi stimuler l’engouement des particuliers employeurs…

À défaut de pouvoir se débrouiller seuls, certains employeurs ont continué de faire appel aux services de leurs employés quitte à diminuer le nombre d’heures ou à avoir recours au «travail au gris» (déclarer qu’une partie des heures effectuées), le volume horaire déclaré ayant baissé de 2,8% en 2015. «La vraie question, explique Marie Béatrice Levaux, est de savoir si c’est un emploi qui doit continuer à échapper au déclaratif ou si l’État veut en faire un emploi vertueux. Ça se jouera sur le coût de l’emploi.»

Des perspectives encourageantes

Tout ne va pas mal pour autant. Si l’emploi à domicile accuse globalement le coup, le secteur de la garde d’enfant vient atténuer ce constat. En 2015, les particuliers étaient 3% de plus qu’en 2014 à avoir recours à une nounou pour faire garder leur(s) bambin(s). Selon la Fepem, la hausse atteint même 10% sur dix ans, entre 2004 et 2014. Le recours aux assistantes maternelles diminue quant à lui mais le taux de salaire horaire et la masse salariale continuent d’augmenter.

Des chiffres encourageants d’autant que le gouvernement a progressivement fait plusieurs gestes pour les particuliers employeurs en accordant des déductions de charges aux parents pour la garde d’enfants dans un premier temps puis à l’ensemble des particuliers employeurs en décembre dernier. Dans le détail, la déduction forfaitaire de cotisations patronales est passée de 75 centimes à 2 euros par heure travaillée. «L’année 2016 sera l’année de la reconquête de l’emploi déclaré, celle où nous pourrons dire que le dispositif des 2 euros d’allégement de charges permet de faire en sorte que l’emploi déclaré coûte moins cher que l’emploi non déclaré. Je suis pratiquement sûre que l’emploi à domicile doublera dans les dix prochaines années», lâche Marie Béatrice Duvaux.

Source : Lefigaro.fr