Inaugurant, le 16 juin, la maison de santé pluridisciplinaire de Tomblaine (Meurthe-et-Moselle), Marisol Touraine en a profité pour annoncer l’extension de l’expérimentation du dispositif Paerpa (personnes âgées en risque de perte d’autonomie) à sept nouveaux territoires, portant ainsi à seize le total des territoires concernés. Le nombre de personnes âgées de plus de 75 ans concernées par cette expérimentation passe ainsi de 190.000 à près de 550.000.

Repérer et prévenir les situations de rupture

L’objectif du dispositif Paerpa est de limiter les hospitalisations évitables, qui peuvent trouver leur origine dans la dénutrition, les problèmes liés aux médicaments, les chutes ou la dépression. Il repose donc sur un repérage précoce de ces situations de fragilité, afin d’agir sur ces points de rupture « en renforçant l’offre de soins de premier recours et en préservant l’autonomie des personnes âgées, grâce à une meilleure coordination des professionnels ». Un dispositif est également prévu dans le cas d’une sortie d’hospitalisation, qui constitue un autre point de rupture possible dans le parcours d’une personne âgée.
La démarche Paerpa s’appuie sur un dispositif de proximité, centré sur chaque situation individuelle et reposant sur une coordination des professionnels sanitaires et sociaux. Elle fait appel à différents outils, comme les observatoires des fragilités, le plan personnalisé de santé (PPS) – élaboré par la coordination clinique de proximité (CCP) -, les coordinations territoriales d’appui (CTA) ou encore l’amélioration des transitions entre la ville et l’hôpital.

Les réserves des professionnels de santé libéraux

L’expérimentation du Paerpa a été officiellement lancée en octobre 2014 (voir notre article ci-contre du 3 octobre 2014), mais elle était déjà engagée sur le terrain depuis plus d’un an (voir notre article ci-contre du 8 octobre 2013). L’extension de l’expérimentation à de nouveaux territoires n’est pas non plus une surprise, puisqu’elle était programmée. L’expérimentation prévue par l’article 48 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2013 du 17 décembre 2012 doit durer cinq ans, mais la généralisation du dispositif – après évaluation – pourrait être avancée , avec un début de déploiement dès 2017.
Si la démarche semble ainsi plutôt bien engagée, elle vient néanmoins de connaître un coup dur avec le retrait des professions de santé libérales (voir notre article ci-contre du 9 mars 2016). En l’occurrence, la plupart des professionnels de santé libéraux concernés continuent de participer au dispositif Paerpa, mais L’Union nationale des professionnels de santé (UNPS) – qui regroupe 24 organisations syndicales de professionnels de santé en exercice libéral en France : médecins généralistes et spécialistes, pharmaciens, sages-femmes, kinés, chirurgiens-dentistes… – a décidé de se retirer du comité de pilotage.
Raison avancée : « la difficile mise en œuvre opérationnelle et le peu d’intérêt des professionnels de santé libéraux pour le dispositif tel que proposé par le ministère de la Santé ». 
En particulier, l’UNPS n’accepte pas que les coordinations territoriales d’appui (CTA) – « entités administratives dont la mission n’est pas la prise en charge du patient à son chevet » – réalisent elles-mêmes les projets personnalisés de santé (PPS) ou analysent, évaluent et valident ceux réalisés par les professionnels de santé libéraux.

Jean-Noël Escudié / PCA

Source : Localtis