Il y a quelques jours (voir notre article ci-contre du 30 juin 2016), l’Union nationale des centres communaux et intercommunaux d’action sociale (Unccas) regrattait le décret du 21 juin 2016 supprimant le caractère annuel de l’analyse des besoins sociaux (ABS) que doivent effectuer les centres communaux et intercommunaux d’action sociale (voir notre article du 24 juin 2016). Dans le cadre de la politique de simplification administrative, ce décret ramène en effet cette obligation à une analyse des besoins sociaux par mandat – soit tous les six ans – avec une simple possibilité d’ajustements annuels pour les CCAS ou Cias qui le souhaitent.

Retour au principe de réalité

Aujourd’hui, c’est au tour de l’Anccas – le réseau des cadres communaux de l’action sociale – de prendre position sur cette réforme. Alors que la position des élus était très tranchée, celle des cadres est beaucoup plus nuancée.
Dans une prise de position du 18 juillet, l’association estime en effet qu' »il était nécessaire de toiletter ce texte, de le moderniser et de le rendre compatible avec les réalités du terrain ! ». L’Anccas choisit en effet de s’en tenir au principe de réalité. Elle considère ainsi que la rédaction du décret du 21 juin « semble plus en harmonie avec la réalité des pratiques ». L’Association fait « le pari que cette contrainte allégée par le texte sera l’occasion pour tous ceux qui ne s’étaient pas encore emparés de cette opportunité, de s’engager dans des démarches d’évaluation éventuellement mutualisées, sur des territoires qui correspondent aux politiques menées ».
Non sans quelque ironie, elle estime que « le texte manque d’ambition dans son contenu, mais si désormais tous les CCAS/Cias appliquaient la règle, ce texte constituerait une véritable avancée ». Une allusion au fait que seuls 50% des CCAS des villes de plus de 5.000 habitants ont déjà réalisé cette analyse, alors que celle-ci est théoriquement obligatoire – et sur un rythme annuel – depuis un décret de 1995.

Pas de blanc-seing à la réforme

Pour autant, l’Anccas n’accorde pas un blanc-seing à la réforme. Elle juge en effet que les CCAS et les Cias sont confrontés à un manque d’outils et de moyens pour mener à bien l’analyse des besoins sociaux, quel qu’en soit le rythme. Il faudrait pour cela disposer d’une ingénierie et d’un savoir-faire – pour la réalisation de l’ABS comme pour l’interprétation des données chiffrées – que peu d’organismes maîtrisent. Aussi, les CCAS/Cias sont-ils « demandeurs de soutien, et toutes les initiatives en la matière (formation, recrutements de professionnels, mutualisation, construction d’observatoires…) seront les bienvenues ». En attendant, l’Anccas « laisse à l’intelligence collective le soin de traduire les opportunités de ce texte ».

Jean-Noël Escudié / PCA

Source : Localtis.info