Les syndicats de prestation de santé à domicile et les pharmaciens d’officine dénoncent un avis du Comité économique des produits de santé.

Alors même que le développement de la médecine ambulatoire constitue un enjeu majeur pour la maîtrise des dépenses de santé, en ce que celle-ci permet une prise en charge du patient sans hospitalisation, les professionnels des prestations de santé à domicile tirent la sonnette d’alarme.

Dans une lettre ouverte au président de la République, cosignée par la Fédération des prestataires de santé à domicile (PSAD), le Syndicat national des prestataires de santé à domicile (SNADOM), le Syndicat des prestataires de dispositifs médicaux (UNPDM), l’Union des prestataires de santé à domicile indépendants (UPSADI) et les pharmaciens d’officine, ils demandent solennellement à François Hollande de suspendre un projet émanant du Comité économique des produits de santé (CEPS).

Le virage ambulatoire remis en question

Selon eux, ce dernier s’apprête « dans l’urgence, à sacrifier le secteur de la prestation de santé à domicile et à mettre fin au virage ambulatoire », afin de « tenir ses objectifs d’économie et pallier l’inefficacité de la régulation des dépenses de santé ». Ces professionnels font référence à la publication début août  « d’un avis de projet de baisse de prix totalement inédit par son ampleur et ses conséquences ». Sont concernés, précisent ces organisations dans un communiqué « 9 domaines de la Liste des produits et prestations (auto-surveillance glycémique, auto-traitement du diabète, apnée du sommeil, prévention d’escarres, nutrition orale, nutrition entérale, stomie, troubles de la continence et chaussures orthopédiques), pour une baisse allant de 4 à 10 %, soit un total de plus de 200 millions d’euros qui s’ajoute aux baisses déjà en cours et négociées pour l’année 2016 ». Ce plan d’économies, s’il s’appliquait, pourrait « asphyxier le secteur », menaçant des milliers d’emplois, sur l’ensemble du territoire national, tandis que « plus de 1 million de patients ne pourront plus disposer du même niveau ni de la même qualité de traitement qu’aujourd’hui », affirment les professionnels.

A. Bo., Les Echos

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