Pascal Boistard, Ségolène Neuville et Christophe Sirugue ont signé, le 23 février, un contrat de filière couvrant le champ des services à la personne. Il s’agit en l’occurrence de « structurer un secteur d’avenir, présentant de nombreuses opportunités de créations d’emplois ». Même si les espérances de créations d’emplois ont été revues à la baisse depuis le plan Borloo en faveur des services à la personne, l’enjeu économique reste important. Les services à la personne représentent en effet 1,4 million de salariés, répartis au sein de 35.000 organismes. Leurs interventions bénéficient à 2,7 millions de personnes, à commencer par les personnes âgées ou handicapées, ainsi que les familles.

Sortir de la segmentation

L’impact concret et les conséquences pratiques du contrat de filière restent pour l’instant assez flous, ce dernier tenant davantage de la reconnaissance et de l’affirmation de principe. Ainsi, pour Ségolène Neuville – la secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées et de la Lutte contre l’exclusion -, le contrat de filière « permet de sortir d’une segmentation à la fois dans le secteur et dans les actions engagées par les pouvoirs publics pour s’intéresser à l’essence de ce que les services font tous les jours et à la manière dont nous pouvons collectivement renforcer ce secteur d’activité. Ce contrat de filière s’intéresse à la fois aux leviers de développement économique et à la qualité de l’accompagnement en passant par la capacité du secteur à attirer toutes celles et ceux qui se mobilisent au quotidien auprès des personnes vulnérables, et pas seulement ». Il s’agit également d’encourager l’innovation dans les métiers du service à la personne et de mieux sécuriser les parcours professionnels des salariés du secteur.

Trois grands axes d’intervention

Pour cela, le contrat de filière prévoit d’agir sur trois grands axes. Il s’agit tout d’abord de simplifier et d’harmoniser les dispositifs de soutien, afin de permettre à la filière des services à la personne de réaliser son potentiel de développement. Il s’agit ensuite de développer l’attractivité et l’emploi. Un enjeu de taille pour des métiers peu valorisés et pour un secteur qui peine à faire face aux besoins de renouvellement engendrés par les départs en retraite. Enfin, le troisième axe consiste à mettre en place une stratégie qualité pour accompagner une demande croissante.
Le tout devra s’inscrire dans le cadre récemment posé par un certain nombre de textes – comme la loi du 28 décembre 2015 relative à l’adaptation de la société au vieillissement – et dans le respect de la liberté de choix des personnes en situation de handicap et en perte d’autonomie.
De façon plus large, la signature du contrat de filière des services à la personne est une composante de la politique de soutien de l’Etat à l’économie des services, « qui représente près de la moitié du PIB et 10 millions d’emplois ». Le contrat de filière a d’ailleurs été élaboré sous l’égide de la Commission nationale des services, créée en 2013 et qui s’est vu confier un rôle de structuration des filières économiques pour accélérer leur développement.

Pour aller plus loin

Source : http://www.caissedesdepotsdesterritoires.fr/cs/ContentServer/?pagename=Territoires/Articles/Articles&cid=1250278677022&nl=1