Depuis le 16 mars 2020 l’association LE-CENTRE est fermée pour une durée actuellement indéterminée, tous les rendez-vous physiques individuels et collectifs sont suspendus. Cependant les conseillères en insertion professionnelle (CIP) conservent un lien téléphonique pour ne pas rompre l’accompagnement des personnes travaillant sur leur avenir professionnel.

 

Témoignage d’une journée de confinement en télétravail d’une CIP de l’association-LE-CENTRE

 

En ces temps de confinement, mes missions sont modifiées : je ne me rends plus au bureau et ne reçois plus de personnes en entretien individualisé mais effectue du télétravail en convertissant mon espace salon en espace de travail. Les entretiens se font par le biais de communication téléphonique régulière. Là, où le présentiel était primordial, le face à face permettant la communication verbale et la mise en lumière du non verbal, le téléphone est lui, un outil impersonnel. Pour cela, la communication téléphonique doit établir un climat relationnel de confiance.

 

Lors des appels téléphoniques à raison d’une fois par semaine, l’accompagnement du projet professionnel est abordé mais rapidement la situation du confinement devient le sujet de conversation. Le confinement est une protection physique mais est à moyen et long terme devient une agression psychique. En effet des peurs ressurgissent notamment chez les personnes vulnérables en situation de précarité comme le sont souvent les personnes que j’accompagne. Elles expriment des agressions vécues antérieurement qu’elles croyaient disparues, des problèmes familiaux à devoir gérer au quotidien au regard de la présence constante des enfants en ces temps de confinement, dévoilent subir des violences familiales. Ainsi, les accompagnements se font de manière plus fréquente à raison de deux fois par semaine, les ressentis et les peurs sont exprimés. Nous procédons par jeu d’écriture comme l’exercice de « l’histoire sans fin » que j’ai mis en place avec une personne. Elle en a défini le thème, en a formulé le premier écrit qu’elle me communique par mail, je poursuis l’écrit et ainsi de suite l’histoire se construit. Pour une autre, l’écriture de ses peurs se fait sur papier libre qu’elle me communique par photo, que nous analysons ensuite en entretien téléphonique afin qu’elle trouve une stratégie acceptable pour le bon fonctionnement de sa vie au quotidien. Pour d’autres il m’a fallu différer mes horaires de communication en soirée où les enfants sont plus calmes ou couchés. Ainsi nous pouvons converser plus sereinement.

 

Ces différents modes de communication téléphoniques venus de « l’extérieur » comme elles disent, leur permettent de sortir de leur quotidien, de se confier, de reprendre un espoir en l’avenir, de conserver un lien avec une personne de confiance. Ainsi la reprise de leur recherche d’emploi au terme de cette dure période de confinement, se fera plus aisément.  Également, je transmets les services d’urgence à contacter si besoin : numéro vert de SOS maltraitance (3919) ou des pharmacies pour dépôt sur papier libre identifié du motif de leur violence qui sera remis aux autorités de police ou commissariat, enfanceetcovid.fr.

 

Boris Cyrulnik, neuropsychiatre : « Le confinement est une agression psychique » 

https://www.arte.tv/fr/videos/096899-000-A/boris-cyrulnik-neuropsychiatre-le-confinement-est-une-agression-psychique/

 

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